jeudi 9 octobre 2008

Files d'attente

(i'm back !)

Ah, la vie étudiante. La liberté. La majorité. L'autonomie. L'école de la vie. Les "choses sérieuses". L'orientation. L'avenir. Non, franchement, ça a l'air super, dit comme ça !
Sauf qu'à mon sens, la vie étudiante, c'est une succession de files d'attentes.

Mardi matin, sept heures moins le quart, devant l'amphi. Je cours m'agglutiner à la centaine d'étudiants déjà massés devant la porte. J'ai de la chance, mes voisins immédiats ne fument pas, ne puent pas, n'écoutent pas de la musique naze très très fort. Et à propos, je suis partie pour 45minutes d'attente stoïque avant de pouvoir vivre ça (promis, c'est mon amphi). 

Il y a un débat entre les deux carrés derrière moi : lequel d'entre eux a inventé l'expression "la bite en étendard" ? L'un l'affirme, il a beau entendre les gens réutiliser son expression, c'est lui qui en a eu l'idée géniale. Il était en troisième, et déjà un poète. Mais si, tu te souviens. Dans le couloir, là, au troisième étage. Ah ouais, c'est vrai. Et tu l'as sorti à Pierre qui arrivait de français, c'est ça ? Ouais, exactement ! Ah oui mais en même temps, y'a que toi pour sortir ça. Hahaha. Devant, pétasse #1 raconte : rohlala mais je suis trop crevée là... J'me suis levée à 5h. Ohlala, s'inquiète pétasse #2, mais pourquoi ?? Ah nan mais moi tu sais, il me faut du temps, le matin, reprend pétasse #1. Là j'ai juste eu le temps de me lever, de m'habiller, de me coiffer, de me maquiller, et j'ai pris trois trucs à grignoter dans le tram. J'vais avoir trop faim tout à l'heure... Pauvre de toi, lui répond pétasse #2 avec un air compatissant. C'est vrai qu'elle était drôlement élaborée, sa coiffure. Et puis j'ai jamais réussi à aussi peu dépasser avec mon mascara. Enfin. Ça fait quatre personnes qui n'auront pas le concours, les premiers pour cause de connerie congénitale sévère, les secondes par manque de sommeil. Kercool.

A droite, Langue de vipère assomme Mec sans opinion : mais t'aurais vu comment elle était sapée... Une jupe courte, mais c'était même plus une jupe quoi c'était une demi jupe alors qu'elle est trop mal foutue enfin elle est pas obèse mais presque, et elle vient, elle me parle genre je m'intéresse à sa vie, mais la fille trop niaise quoi ! Limite tu sais je la saque trop et elle continue à me parler mais c'est une plaie cette fille franchement tu trouves pas ? Haussement de sourcils de Mec sans opinion qui peut vouloir dire "rahlala m'en parle pas" autant que "oh ben dis-donc, elles sont sales, mes chaussures !" Et Langue de vipère de reprendre de plus belle : il faudrait que je lui dise quand même mais bon c'est pas sympa pour elle tu comprends, elle essaye la pauvre [...].

Les portes n'ouvriront pas avant vingt minutes mais pour des raisons que je ne m'explique pas, tout le monde se met à avancer frénétiquement. Les gens écrasés contre les vitres crient un peu, et puis se lassent. Mon corps n'est plus à l'aplomb de mes pieds, mais c'est pas grave. Au bout de dix minutes à ce régime, le troupeau est toujours aussi compact et la fille à ma gauche commence à dire que si ça ne s'arrête pas tout de suite, elle crie. Non mais je t'assure Machine, je vais crier j'en peux plus là. Je respire mal. J'en ai marre. Je vais crier. Pour ma part, je commence à me dire que finalement, je n'ai pas si bien choisi ma place dans la foule ce matin. Enfin.
Dix minutes plus tard, les portes s'ouvrent. A l'entrée dans la fac, un type me met un grand coup d'épaule pour me passer devant. Je le traite de tous les noms d'oiseaux qui me viennent à l'esprit (et croyez-moi, je suis volubile dans ces cas-là), il s'excuse platement et détale ventre à terre vers notre but à tous, les Places dans l'amphi.
J'aime le P1.

 

 


Le même jour, dix heures et quart. Quarante minutes à piétiner devant la corpo pour... rien, en fait. La photocopieuse est en panne, mais on a préféré attendre que j'aie fini la queue pour me l'annoncer.

 

 

Midi et quart, au RU. Une demie-heure de queue avant de pouvoir déguster un gratin même pas gratiné. Grande blonde raconte à petite brune l'histoire de je-ne-sais-quel feuilleton. Mais en fait le mec il avait eu la mauvaise version de la lettre. Celle que Truc a volé à Machine quand elle était super fâchée. Et donc Machine elle pensait avoir envoyé la bonne lettre, elle ne comprend pas qu'il l'engueule. En plus, [...]. Et on découvre qu'il a violé sa fille. [...] Et après il lui dit ce qu'il a lu. [...] Et après ils s'embrassent. Ouf ! J'atteins une place libre, je mange en dix minutes chrono et je gagne le droit de patienter un petit quart d'heure avant de pouvoir reposer mon plateau.

 


Dix-neuf heures quinze, j'arrive au badminton après une demie heure de trajet pour constater qu'il y a au moins quatre personnes par terrain, et une dizaine qui attend. Je repars. J'ai gagné une heure.

 


Et qu'on ose encore me dire, après ça, que je ne suis pas un exemple de patience !

Posté par LauraM à 15:01 - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur Files d'attente

    Grands dieux, le retour du blog de Laura !
    Ah, la vie trépidante des facs surpeuplées, aux étudiants aimables et au concours prometteur...
    Bon courage .

    Posté par Flürk, mercredi 29 octobre 2008 à 22:25 | | Répondre
Nouveau commentaire